Michele Morgan


 
 

 

Michèle Morgan

Pseudonyme de Simone Roussel,
Née à Neuilly sur Seine le 29 février 1920

Son regard, qui subjuguait Gabin dans Le Quai des Brumes, est gravé à tout jamais dans la mythologie du cinéma.

Pour Michèle Morgan tout a donc commencé en 1938, grâce à un regard et à un imperméable, qui devait faire le succès du Quai des Brumes de Carné. Mais le regard était le plus important, et même s'il n'y avait pas eu la célèbre réplique de Prévert dite par Gabin sur les « beaux yeux » qu'on sait, elle serait de toute façon devenue une star. On le savait dès son 1er film, dès Gribouille de Marc Allégret, à qui revient le mérite de l'avoir fait vraiment débuter après un bout de rôle dans Le Mioche de Léonide Moguy en 1936.

Elle débuta à l'écran dès 1935 (Mademoiselle Mozart, Yvan Noé) et c'est au cours René Simon, qu'Allégret avait déniché la jeune apprentie comédienne, qu'il opposa d'emblée au gigantesque Raimu alors au faîte de sa gloire. La petite débutante de 17 ans fera mieux que de résister au choc, elle se tira avec éclat de cette terrible confrontation et du coup Allégret la reprendra pour Orage, au côté cette fois de Charles Boyer, un des plus grands séducteur de l'époque. Toutefois c'est avec Le Quai des Brumes, dû aux talents de Marc Orlan, Prévert et Carné, que se crée la légende. Elle devint une très grande vedette capable de fasciner les foules avec son visage d'une beauté et d'une pureté extrêmement classique et son extraordinaire photogénie, et comme dit plus haut, son regard un peu énigmatique et lointain, qui fut parfois comparé à celui de Garbo. Définitivement lancée, elle tourna coup sur coup plusieurs films d'intérêt inégal avant d'être magnifiquement dirigée par Jacques Feyder dans La Loi du Nord et Remorques, film de Jean Grémillon dans lequel Michèle Morgan est, une fois encore admirable. Elle créa également dans l'Entraîneuse (Albert Valentin, 1938) un personnage de femme déclassée qu'elle fut amenée à reproduire plusieurs fois.

Comme tant d'autres pendant la guerre, elle se laisse tenter par Hollywood où l'appelle un contrat, mais sa carrière américaine s'avéra décevante. elle tourna dans cinq films de médiocre intérêt, des oeuvres de propagandes pour la plupart, qui malheureusement n'ajoutèrent rien à sa gloire (excepté peut-être Passage to Marseille, de Michael Curtiz, réalisé en 1944.

Alors elle se dépêcha de regagner la France, après la guerre, en 1945 où elle retrouva les applaudissement du public qui ne l'avait pas oublié, avec La Symphonie Pastorale, oeuvre très académique de Jean Delannoy, où, paradoxalement pourrait-on dire, elle tient le rôle d'une aveugle. Mais un rôle qui lui valu le prix d'interprétation au tout nouveau festival de cannes en 1946. Désormais considérée comme l'une des actrices essentielles du cinéma français, elle tourna dans de nombreux films sous la direction d, André Cayatte (le Miroir à deux faces, 1958), de Robert Hossein (les Scélérats, 1960), d, Henri Verneuil (Les lions sont lâchés, 1961) ou de René Clément (le Château de verre, 1950). Elle ralentit son activité au début des années 1960, jouant toutefois dans Landru (Claude Chabrol, 1962) et dans un film méconnu, réalisé dans le ton de la Nouvelle Vague : Pas perdus (Jacques Robin, 1964).

Si la plupart des films dans lesquels elle a joué depuis ne risque guère de passer à la postérité, à l'exception des Grandes Manoeuvres de René Clair où elle était superbe au côté de Gérard Phillipe, Michèle Morgan à toujours su maintenir intact le mythe qu'elle avait créé. Et dans le charmant Benjamin les Mémoires d'un Puceau de Michel Deville, qu'elle tourna en 1967, sa photogénie miraculeuse n'avait rien perdu de son impact, au point d'effacer celle, pourtant plus que prometteuse, de l'étoile du cinéma français, Catherine Deneuve.

Elle n'est apparue ensuite que rarement, dans des films de Claude Lelouch (le Chat et la Souris, 1975 ; Un homme et une femme, vingt ans après, 1986) ou de Giuseppe Tornatore (Tout le monde va bien/Stanno tutti bene, 1990). Au théâtre, elle a notamment interprété Chéri de Colette, en 1982, et les Monstres sacrés, au côté de Jean Marais, en 1993. Mariée avec le cinéaste Gérard Oury, elle a publié ses souvenirs, Avec ces yeux-là, en 1977.

FILMOGRAPHIE

1937 Gribouille ; Orage

1938 Quai des Brumes

1939 La Loi du Nord

1939-1941 Remorques

1944 Passage to Marseille (E.U.)

1946 La Symphonie Pastorale

1947 The Fallen Idol (Première Désillusion, G.B.)

1948 Fabiola (It.)

1950 L'étrange Madame X

1953 Les Orgueilleux (F.-Mex.)

1955 Les Grandes Manuvres ; Marguerite de la Nuit ; Marie-Antoinette

1963 Landru (F.-It.)

1967 Benjamin ou les Mémoires d'un Puceau

1975 Le Chat et la Souris

1990 Tout le Monde va Bien


SIGNES PARTICULIERS :

Compagne du Réalisateur Gérard Oury, Mère de l'acteur Mike Marshall

Je reçois de temps en temps des messages pour Michelle Morgan, je ne peux malheureusement pas réexpédier vos courriers, mais je tiens à les publier pour vous rendre service, si vous avez un message particulier à lui adresser, car il y a au moins une toute petite chance que grâce à des amis internautes elle lise vos propos.

---- Message du 22 octobre 2005 -----
 
Depuis hier, 21 octobre 2005, je me demande s' il est possible que ce soit vous dont j'ai longuement croisé le regard si bleu,dans l'autobus N°39 entre 16h. et 17h. Il s'agissait d'une dame belle et frêle, si soignée, tellement parfaite, si souriante et aimable (offrant son kleenex à un petit garçon pour mettre sa peau de banane, parlant avec sa voisine) et pendant ce temps-là, je vous observais.

 Et  je me demandais : N'est-elle pas cette personne qui, lorsque j'avais 7 ou 10 ans (entre 1952 et 1955), a remis à maman au gala de l'union des artistes un somptueux briquet en or décoré d'un oiseau en saphir, de chez Cartier ? parce que nous avions eu la chance, pour la tombola de l'entracte, d'avoir le bon numéro de programme. S'il s'agit de vous, Madame, sachez que ce cadeau a été depuis cette date jusqu'en 2001(date du décès de ma mère) , une joie multi-quotidienne pour elle, et un souvenir inoubliable pour elle comme pour moi. Vraiment hier, dans l'autobus j'ai pensé très fort à « Tu as de beaux tu sais » Peut-être n'était-ce pas vous ? Peut-être ne le saurais-je jamais ? Mais qu'importe cela fait rêver. Et si c'était vous... et bien merci pour vos sourires des jours d'autrefois que l'on revoit avec tant de plaisir au cinéma, et pour ceux d'hier si simples et sympathiques. Quoi qu'il en soit veuillez croire, Madame, à toute mon admiration et à mon profond respect.

Mme Dominique L. (60)

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